Cet article a une vocation informative et pratique. Il ne remplace pas l’expertise d’un professionnel du bâtiment ou d’une entreprise spécialisée pour des problèmes avérés.
L’arrivée de l’automne marque un moment charnière pour l’état d’un logement. La remise en route du chauffage, les premières pluies abondantes, le refroidissement des façades et la migration des rongeurs vers les bâtiments créent une conjonction de risques que quelques heures d’entretien préventif permettent de limiter efficacement. Cette checklist recense les vérifications essentielles à réaliser entre fin août et fin octobre, avant que les problèmes ne s’installent durablement.
Pourquoi l’automne est la saison critique
L’été sèche les bâtiments en profondeur : les maçonneries, les bois de charpente et les joints absorbent la chaleur et l’hygrométrie descend. Puis vient l’automne, et avec lui plusieurs phénomènes simultanés.
Le retour du chauffage est le premier facteur de risque d’humidité intérieure. L’air chauffé contient plus de vapeur d’eau et, lorsqu’il entre en contact avec les parois encore froides (murs, vitrages, dalles de sol), cette vapeur se condense. Dans un logement mal ventilé, la condensation s’accumule sur les ponts thermiques et dans les angles, créant les conditions idéales pour le développement de moisissures.
Les précipitations automnales saturent les sols et exposent les défauts d’étanchéité des toitures, gouttières, façades et menuiseries. Une fissure passée inaperçue tout l’été peut devenir une infiltration active dès les premiers orages.
La migration des rongeurs est un phénomène naturel : mulots, souris et rats quittent les espaces extérieurs à la recherche de chaleur et de nourriture. Les greniers, caves, vides sanitaires et combles sont les premiers espaces investis. Les insectes xylophages, eux, cherchent des zones de bois humide pour hiverner.
Checklist ventilation
Une ventilation insuffisante est la première cause de condensation et de moisissures dans les logements. La vérification automnale de la VMC est donc prioritaire.
VMC simple flux (la plus répandue) :
- Dépoussiérer les bouches d’extraction (salle de bain, cuisine, WC) avec un aspirateur ou un chiffon légèrement humide — à faire tous les 3 à 6 mois
- Vérifier que les bouches ne sont pas obstruées (accumulation de poussière, peinture appliquée par-dessus, meuble placé devant)
- Contrôler le débit en approchant une feuille de papier de chaque bouche d’extraction : la feuille doit être attirée vers la bouche
- Vérifier que les entrées d’air (grilles en haut des menuiseries) ne sont pas colmatées — les nettoyer si nécessaire
- S’assurer que les portes intérieures ne bloquent pas la circulation d’air (détalonnage suffisant sous les portes)
VMC double flux :
- Remplacer ou nettoyer les filtres selon la notice du constructeur (généralement tous les 6 mois à 1 an)
- Vérifier le groupe de ventilation : absence de vibrations anormales, bruit régulier
- Contrôler l’échangeur thermique : présence de condensat visible dans le collecteur de drainage
En cas de doute sur l’efficacité de la VMC : un professionnel peut réaliser une mesure de débit avec un anémomètre pour s’assurer que les débits réglementaires (définis par l’arrêté du 24 mars 1982) sont respectés.
Checklist humidité
- Inspecter les joints de douche, baignoire et lavabo : un joint décollé, noirci ou fissuré laisse l’eau s’infiltrer dans le support. Un joint défaillant peut causer des dégâts des eaux importants dans le logement en dessous en copropriété
- Vérifier les joints de fenêtres et de portes extérieures (test de la feuille de papier décrit en FAQ)
- Contrôler les appuis de fenêtres extérieurs : les fissures dans le béton ou la pierre sont des points d’entrée d’eau lors des pluies avec vent
- Inspecter la cave et le sous-sol : présence d’efflorescences blanches (salpêtre), taches d’humidité sur les murs bas, odeur de moisi — signes d’une humidité active à traiter avant l’hiver
- Relever le taux d’humidité de l’air dans les pièces à risque (cuisine, salle de bain, chambre exposée au nord) avec un hygromètre — un taux supérieur à 70 % doit alerter
- Vérifier les robinets d’arrêt sous les éviers et derrière les WC : pas de calcaire excessif indiquant une micro-fuite chronique
Pour les maisons :
- Inspecter les murs en bas de façade : des traces d’humidité ascendantes peuvent indiquer une remontée capillaire à traiter avant l’hiver, saison qui amplifie le phénomène
- Vérifier l’état du vide sanitaire si la maison en est équipée : aération suffisante, absence d’eau stagnante ou de moisissures visibles
Checklist nuisibles
L’automne est le moment d’agir préventivement, avant que les rongeurs et insectes ne s’installent.
Bouchage des entrées :
- Inspecter le pourtour des portes extérieures : les joints de bas de porte doivent s’appuyer sur le seuil sans laisser de jour. Un rongeur peut passer par une ouverture de l’épaisseur d’un crayon (environ 6 mm pour une souris)
- Contrôler les passages de tuyauteries et de câbles qui traversent les murs extérieurs : obturer avec de la laine de roche ou de la mousse expansive armée pour les ouvertures importantes (la mousse seule est découpée par les rongeurs)
- Vérifier les grilles de ventilation de cave et de vide sanitaire : mailles intactes, absence de rouille laissant des trous
- Inspecter les conduits de cheminée non utilisés : un capuchon de cheminée en bon état empêche l’entrée des oiseaux et des écureuils
Vérification des espaces à risque :
- Grenier : inspecter la présence de crottes (petites crottes noires oblongues = souris), de traces de frottement sur les poutres ou de nids composés de matériaux isolants arrachés
- Cave et sous-sol : mêmes signes, plus des traces de grignotage sur les emballages alimentaires stockés
- Garage et atelier : vérifier que les produits alimentaires (granulés de pellets, aliments pour animaux) sont stockés dans des contenants hermétiques
Si des traces sont constatées, une dératisation préventive par un professionnel est plus efficace et moins coûteuse qu’une intervention curative après colonisation.
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Checklist toiture et gouttières
La toiture est le premier rempart contre les infiltrations. Un entretien annuel, idéalement en septembre, évite les mauvaises surprises lors des premières pluies importantes.
- Inspecter visuellement la toiture depuis le sol ou avec des jumelles : tuiles déplacées, cassées ou manquantes, faîtage en bon état, souches de cheminée sans fissures visibles
- Nettoyer les gouttières : feuilles, mousse, débris végétaux bouchent les descentes et provoquent des débordements qui saturent les façades et les fondations
- Vérifier les descentes pluviales : absence d’écrasement, de fissures, raccord correct aux regards au sol
- Contrôler les solins (raccords entre la toiture et les éléments verticaux comme les cheminées ou les lucarnes) : le solin est souvent le point faible en cas de pénétration d’eau
Pour les toitures terrasses :
- Dégager les évacuations d’eau de la terrasse de tout débris végétal
- Inspecter les relevés d’étanchéité le long des murs : absence de décollements ou de fissures
Checklist chauffage et prévention de la condensation
Le mode de chauffage et son utilisation influencent directement le taux d’humidité intérieure.
- Éviter le chauffage trop intermittent : passer de 14 °C (nuit) à 20 °C (jour) répété quotidiennement provoque des cycles de condensation-évaporation qui fragilisent les enduits et favorisent les moisissures dans les angles froids
- Maintenir une température minimale de 16 °C dans les pièces non occupées pendant la nuit plutôt que de couper complètement
- Ne pas sécher le linge en grande quantité à l’intérieur sans ventilation active supplémentaire — un kg de linge humide libère environ 600 à 800 ml d’eau dans l’air selon les estimations du secteur
- Cuisson à la vapeur : toujours allumer la hotte aspirante et aérer la cuisine après
- Inspecter les radiateurs à eau : pas de fuite visible, robinets thermostatiques fonctionnels
Pour les logements anciens sans isolation performante : Les murs peu isolés présentent des températures de surface basses en hiver, créant des zones de condensation systématiques. Si les moisissures apparaissent aux mêmes endroits chaque hiver malgré une ventilation correcte, un traitement de fond (isolation, correction des ponts thermiques) est la solution durable.
Checklist spécifique : logements à risque
Certains logements cumulent les facteurs de risque et méritent une attention accrue en entrée d’automne.
Rez-de-chaussée : exposition aux remontées capillaires, aux infiltrations latérales et aux entrées de rongeurs par le bas. Vérifier systématiquement l’état des murs bas et des joints de sol.
Maisons de plus de 50 ans : absence fréquente de VMC, maçonneries sans barrière anti-humidité, charpentes en bois non traitées contre les insectes xylophages. Un diagnostic complet tous les 5 à 10 ans est une précaution raisonnable.
Logements inoccupés pendant l’été (résidences secondaires, biens en succession) : l’absence de ventilation pendant plusieurs semaines crée des conditions propices aux moisissures et aux nuisibles. Une aération complète et une inspection minutieuse s’imposent dès la réouverture. En cas de dégradation importante, un débarras et une remise en état professionnels peuvent être nécessaires.
Conclusion
Une heure ou deux consacrée aux vérifications de cette checklist en septembre ou octobre peut éviter des interventions coûteuses en plein hiver. Les problèmes d’humidité, de ventilation et de nuisibles sont toujours plus simples et moins chers à prévenir qu’à traiter une fois installés. Pour les situations qui dépassent la maintenance courante — remontée capillaire avérée, infestation de rongeurs, moisissures extensives — l’appel à un professionnel spécialisé reste la meilleure décision.
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