Cet article a une vocation informative.
Découvrir des chauves-souris dans ses combles peut surprendre, voire inquiéter. Pourtant, la situation appelle avant tout à la prudence juridique : toutes les espèces de chauves-souris présentes en France sont strictement protégées par la loi. Toute intervention visant à les déloger ou à les nuire est passible de sanctions pénales. Ce guide explique ce que la réglementation autorise et interdit, comment cohabiter légalement avec ces animaux, et comment gérer les déjections une fois leur départ confirmé.
Un statut légal absolu : toutes les espèces protégées
En France, les chauves-souris (ordre des Chiroptera) bénéficient d’une protection intégrale en application de l’article L.411-1 du Code de l’environnement et de l’arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l’ensemble du territoire métropolitain.
Cet arrêté interdit expressément :
- La destruction, la mutilation, la capture ou l’enlèvement d’individus ;
- La perturbation intentionnelle, notamment pendant les périodes de reproduction, de dépendance ou d’hibernation ;
- La destruction, l’altération ou la dégradation des sites de reproduction et des aires de repos.
Ces interdictions s’appliquent à toutes les espèces de chauves-souris présentes en France métropolitaine, qu’il s’agisse du petit rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), de la pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus), du murin à moustaches ou de toute autre espèce. Il n’existe pas d’espèce « nuisible » parmi les chiroptères français.
Sanctions pénales. La violation de ces protections est punie de deux ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende (article L.415-3 du Code de l’environnement). Ces sanctions s’appliquent aussi bien à un particulier qu’à un professionnel intervenant sans précautions.
Ce qui est interdit
Poser des répulsifs chimiques dans les combles. L’utilisation de produits chimiques visant à repousser ou tuer les chauves-souris est interdite. Certains produits de traitement de charpente (perméthrine, notamment) sont également toxiques pour les chiroptères — leur utilisation dans des combles abritant des chauves-souris doit faire l’objet d’une consultation préalable auprès de la SFEPM.
Boucher les entrées quand les chauves-souris sont présentes. Obturer les accès sans s’être assuré du départ de tous les individus revient à piéger et tuer les animaux présents — infraction pénale caractérisée. La période de maternité (mai à août) est particulièrement sensible : les jeunes, non volants durant plusieurs semaines, ne peuvent pas quitter le gîte si l’entrée est bouchée.
Détruire le gîte. La démolition d’une partie de toiture, d’un pignon ou d’un élément de charpente abritant un gîte, sans autorisation préfectorale (dérogation espèces protégées), est interdite même dans le cadre de travaux de rénovation.
Ce qui est autorisé
Boucher les entrées après départ confirmé. En dehors de la période de maternité (septembre à avril), et après s’être assuré que tous les individus ont quitté les combles, il est possible d’obturer les accès pour empêcher le retour. Ce travail doit être réalisé avec le soutien d’un spécialiste chiroptères pour identifier toutes les entrées et confirmer l’absence d’animaux.
Nettoyer les déjections (guano). Une fois le gîte vide, le nettoyage des déjections accumulées est autorisé. Le protocole doit intégrer des précautions sanitaires (voir ci-dessous).
Aménager des nichoirs alternatifs. Pour faciliter le départ naturel des chauves-souris des combles habitables, l’installation de nichoirs à chauves-souris sur la façade extérieure ou dans des parties non aménagées peut inciter les colonies à déplacer leur gîte de façon progressive. Cette approche, recommandée par la SFEPM, ne garantit pas le départ mais favorise la cohabitation à moindre nuisance.
Quand et comment contacter le réseau chiroptères
Avant toute intervention sur des combles abritant des chauves-souris, il est fortement recommandé de contacter :
- La SFEPM (Société Française pour l’Étude et la Protection des Mammifères) — sfepm.org
- Le réseau chiroptères régional — chaque région dispose d’un groupe spécialisé qui peut réaliser un diagnostic de gîte, conseiller sur les travaux compatibles et accompagner la mise en place de solutions de cohabitation.
Ce diagnostic préalable est indispensable si des travaux de rénovation sont envisagés (isolation des combles, traitement de charpente, modification de la toiture). Il permet d’identifier l’espèce présente, le type de gîte (gîte de parturition, gîte d’hibernation, gîte de transit) et les périodes de présence, afin d’adapter le calendrier des travaux.
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Risques sanitaires liés au guano : ce que disent les autorités sanitaires
Le guano (déjections) de chauves-souris peut contenir des spores d’Histoplasma capsulatum, champignon agent de l’histoplasmose, une infection respiratoire. Selon les données de l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité), le risque est lié à l’inhalation de poussières de guano sec lors d’une exposition prolongée dans un espace confiné et mal ventilé — comme des combles non aérés contenant des accumulations importantes.
Les chauves-souris européennes peuvent par ailleurs être réservoirs du virus de la rage (virus Lyssavirus européen des chauves-souris, EBLV). Le risque de transmission à l’homme est très faible dans les conditions normales — il n’implique pas le contact passif avec le guano mais une morsure ou une griffure directe. En cas de contact cutané avec une chauve-souris vivante ou blessée, une consultation médicale immédiate est recommandée.
Recommandations INRS pour le nettoyage du guano :
- Port d’un masque filtrant de classe FFP3
- Gants résistants et combinaison de protection jetable
- Humidification légère du guano avant aspiration pour éviter la mise en suspension des poussières
- Utilisation d’un aspirateur à filtre HEPA
- Évacuation des déchets dans des sacs hermétiques
Protocole de nettoyage des combles après départ confirmé
Une fois la présence des chauves-souris terminée (fin de période de présence confirmée par un spécialiste) et les entrées obturées, le nettoyage des combles peut être planifié.
Étapes du protocole :
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Évaluation de l’épaisseur et de la surface de guano. Dans certains gîtes de longue date, le guano peut représenter plusieurs centimètres d’épaisseur. L’évaluation détermine le volume à traiter et les précautions sanitaires à mettre en place.
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Protection du personnel. FFP3, gants, combinaison jetable, ventilation des combles avant intervention.
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Aspiration HEPA. Le guano est aspiré avec un aspirateur équipé d’un filtre HEPA pour capturer les particules fines potentiellement contaminées.
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Désinfection des surfaces. Les surfaces en contact avec le guano (bois de charpente, isolant, maçonnerie) sont traitées avec un désinfectant fongicide adapté.
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Traitement de la charpente. Si la charpente doit être traitée contre les insectes xylophages, le choix du produit doit être validé au regard de la toxicité pour les chiroptères — consultation SFEPM conseillée même après le départ des animaux, pour éviter tout impact sur de futurs retours ou colonies voisines.
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Évacuation des déchets. Le guano est évacué en déchets ménagers spéciaux dans des sacs hermétiques fermés.
Fourchettes de prix indicatives pour le nettoyage de combles
| Surface des combles | Épaisseur de guano | Fourchette indicative |
|---|---|---|
| Petits combles (< 30 m²) | Fine couche | 400 – 800 € |
| Combles moyens (30 à 80 m²) | Couche modérée | 800 – 1 800 € |
| Grands combles (> 80 m²) | Accumulation importante | 1 800 – 3 500 € |
Ces fourchettes sont indicatives et constatées sur le marché. Elles n’incluent pas les éventuels travaux de réfection de l’isolation ou de traitement de la charpente.
La présence de chauves-souris dans des combles n’est pas une situation d’urgence au sens habituel du terme — c’est une situation qui appelle à une gestion respectueuse de la réglementation et à une approche progressive. Contacter le réseau chiroptères régional, planifier les travaux en dehors des périodes sensibles et faire appel à un professionnel pour le nettoyage du guano constituent les trois étapes essentielles. Pour être mis en relation avec le prestataire référent pour le département et le service concernés, demandez votre devis gratuit. La demande est sans engagement : elle est transmise rapidement au prestataire référent pour étude et devis.







