La Garonne, fleuve-fondateur de Bordeaux, confère à la ville son identité et son rayonnement. Elle est aussi, depuis des siècles, une source de risque pour les quartiers riverains. Entre crues fluviales, remontées de nappes phréatiques et phénomène du mascaret, Bordeaux présente une configuration hydrologique complexe qui impose une approche spécialisée pour le nettoyage et la remise en état après sinistre inondation.
La configuration unique du risque inondation à Bordeaux
Un double risque fluvial et tidal
Bordeaux occupe une position géographique particulière dans l’estuaire de la Gironde. La ville est à la fois soumise aux crues fluviales (venant de l’amont, depuis le Massif Central et les Pyrénées) et aux effets tidaux de l’estuaire. L’estuaire de la Gironde est l’un des plus larges d’Europe occidentale, et la Garonne est soumise à l’influence des marées jusqu’à Bordeaux et au-delà.
Ce double phénomène crée des situations d’inondation que l’on ne retrouve pas dans les villes fluviales intérieures :
- Une crue fluviale peut se superposer à une marée haute, amplifiant la hauteur d’eau dans les zones basses
- Le mascaret — onde de marée remontant violemment dans l’estuaire, bien que moins spectaculaire qu’autrefois depuis l’endiguement des rives — continue d’influer sur la dynamique des eaux en période de forte marée conjuguée à une crue
Les quartiers historiquement les plus exposés aux inondations de Garonne incluent Saint-Michel, les quais de la Bastide (rive droite), le secteur de Bacalan, et les zones basses de Floirac et Cenon en rive droite.
Le PPRI Garonne Bordeaux Métropole
Le Plan de Prévention des Risques Inondation (PPRI) Garonne, approuvé par arrêté préfectoral pour la métropole bordelaise, délimite les zones exposées aux crues de référence. Ce document opposable définit des zones réglementées (rouge, orange, bleu) selon l’intensité du risque et les enjeux.
Les propriétaires situés en zone réglementée du PPRI sont soumis à des obligations d’information lors des transactions immobilières (état des risques naturels et technologiques), à des restrictions sur les travaux et constructions nouvelles, et peuvent faire face à des conditions spécifiques dans leurs contrats d’assurance.
Pour connaître le classement PPRI de votre bien, la consultation est disponible via le portail de la Préfecture de Gironde et de Bordeaux Métropole.
Les quais classés UNESCO et le patrimoine en zone inondable
Les quais de Bordeaux, inscrits sur la Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2007, longent la Garonne sur plusieurs kilomètres. Les immeubles du XVIIIe siècle qui les bordent, construits en calcaire de l’Agonac avec des façades classiques caractéristiques, constituent un patrimoine architectural exceptionnel.
La plupart de ces immeubles possèdent des caves voûtées, des sous-sols et des rez-de-chaussée en surélévation par rapport au niveau de la rue. Les caves — souvent utilisées pour le stockage — sont directement exposées aux inondations de Garonne lorsque le fleuve déborde ou lorsque les réseaux d’assainissement sont mis en charge par une crue.
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Démarches d’urgence et procédure Cat Nat
Les premières heures après l’inondation
Les actions à mener immédiatement après le retrait des eaux conditionneront la qualité de la remise en état :
1. Sécurisation du logement. Avant tout retour dans les locaux sinistrés, vérifier l’état des installations électriques (couper le disjoncteur général si des équipements ont été immergés) et des canalisations de gaz. Ne réactiver les installations qu’après validation par un professionnel qualifié.
2. Documentation photographique et vidéo. Photographier et filmer l’ensemble des dommages avant toute intervention de nettoyage : hauteur d’eau sur les murs (laisser les traces de laisse d’eau visibles), état des équipements, mobilier, revêtements. Ces éléments constituent des preuves pour l’expertise d’assurance.
3. Conservation des objets endommagés. Ne pas jeter les objets avant le passage de l’expert mandaté par l’assureur. En cas d’urgence sanitaire (moisissures, odeurs), contacter l’assureur pour obtenir une autorisation préalable.
4. Déclaration à l’assureur. La déclaration de sinistre doit être effectuée dans les délais contractuels (généralement 5 jours ouvrés pour un sinistre ordinaire). Pour la garantie Cat Nat, la déclaration doit intervenir dans les 10 jours suivant la publication de l’arrêté interministériel au Journal officiel.
La procédure de reconnaissance Cat Nat
La garantie catastrophe naturelle est encadrée par l’article L.125-1 du Code des assurances. Elle ne s’active pas automatiquement dès qu’une inondation survient : elle nécessite la publication d’un arrêté interministériel reconnaissant l’état de catastrophe naturelle pour la commune et l’événement concernés.
Cette procédure débute par une demande de la commune auprès du préfet de département, qui transmet au ministère de l’Intérieur. La commission interministérielle évalue les dossiers et l’arrêté est publié au Journal officiel. Le délai entre l’événement et la publication de l’arrêté peut varier de quelques semaines à plusieurs mois.
En Gironde, plusieurs communes ont déjà bénéficié de reconnaissances Cat Nat pour des inondations de Garonne. Il convient de se rapprocher de la mairie pour connaître l’état d’une éventuelle demande en cours.
Le protocole de remise en état professionnel après inondation
La phase d’urgence : pompage et ventilation
Dès que les eaux se retirent, l’objectif est de réduire le taux d’humidité aussi vite que possible pour limiter le développement de moisissures. Chaque heure compte : au-delà de 24-48 heures, les moisissures peuvent commencer à coloniser les matériaux humides.
Les professionnels référencés déploient du matériel de séchage technique :
- Pompes de relevage pour évacuer les eaux résiduelles
- Déshumidificateurs industriels (capacité d’extraction supérieure aux appareils grand public)
- Ventilateurs de circulation d’air pour accélérer le séchage des surfaces
Dans les caves voûtées en pierre de l’architecture bordelaise ancienne, le séchage est particulièrement exigeant : la pierre calcaire est poreuse et retient l’humidité sur de longues périodes. Un séchage insuffisant peut conduire à des problèmes de salpêtre, d’efflorescence et de développement de moisissures plusieurs semaines après le sinistre.
L’évaluation des matériaux
L’eau d’inondation de Garonne — eau fluviale chargée de limon, de matières organiques et de polluants issus des réseaux — n’est pas de l’eau propre. Elle contient des micro-organismes pathogènes, des métaux lourds et des polluants organiques présents dans les sédiments du fleuve et les eaux d’égout refoulées.
Cette contamination impose une évaluation matériau par matériau :
- Parquets en bois massif (fréquents dans les appartements bordelais anciens) : souvent irrécupérables après une immersion prolongée (gonflement irréversible des lames, contamination profonde)
- Enduits anciens à la chaux : peuvent être préservés si séchage rapide, mais nécessitent un traitement fongicide et antifloraisons
- Carrelages et faïences : résistants si les joints restent intègres et si le support n’a pas bougé
- Isolants en laine de verre ou de roche : à remplacer systématiquement après une immersion (perte des propriétés isolantes et risque de contamination fongique)
- Plâtre et plaques de plâtre : à remplacer (le plâtre gorgé d’eau se désagrège et ne sèche pas correctement)
La décontamination des surfaces
Après séchage, une décontamination des surfaces ayant été en contact avec l’eau de crue est nécessaire. Les professionnels appliquent des désinfectants adaptés sur les sols, les murs en partie basse et les surfaces exposées. Cette étape vise à éliminer les micro-organismes pathogènes et à prévenir le développement de moisissures dans les semaines suivantes.
La convention IRSI pour les sinistres en copropriété
Lorsqu’un dégât des eaux ou une inondation affecte plusieurs lots d’une copropriété bordelaise, la Convention IRSI (Indemnisation et Recours des Sinistres Immeubles) peut s’appliquer. Cette convention, adoptée par la Fédération Française de l’Assurance, simplifie la gestion des sinistres en copropriété en désignant un assureur gestionnaire unique chargé de coordonner l’indemnisation.
La convention IRSI s’applique pour les sinistres dont le coût est inférieur à 50 000 € HT (à vérifier avec les conditions en vigueur). Au-delà de ce seuil, ou en cas de désaccord entre assureurs, la procédure amiable peut nécessiter une expertise contradictoire.
Cas particulier : les chais viticoles girondins et les caves à vin
Un risque spécifique dans le vignoble
Le vignoble girondin n’est pas exempt du risque inondation. Certains secteurs — notamment les zones basses du Médoc en rive gauche de la Gironde, et certains secteurs d’Entre-deux-Mers — sont exposés aux crues. Les chais viticoles situés en zones basses, et les caves enterrées des châteaux viticoles, peuvent être inondés lors d’événements exceptionnels.
La remise en état d’un chai sinistré combine les contraintes d’un local de stockage alimentaire (conformité HACCP, décontamination adaptée aux denrées alimentaires) et celles d’un bâtiment patrimonial parfois ancien. Les professionnels doivent adapter leurs produits et leurs méthodes pour respecter ces exigences spécifiques.
Les bâtiments classés ou inscrits
Le secteur sauvegardé de Bordeaux, périmètre UNESCO, impose des contraintes sur les travaux de remise en état. Tout remplacement de matériaux dans un bâtiment situé dans ce périmètre (ou dans un monument inscrit ou classé) doit être réalisé conformément aux prescriptions de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF). L’utilisation de matériaux modernes incompatibles avec le bâti ancien peut être refusée ou imposer une dérogation.
Cette contrainte patrimoniale allonge parfois les délais de remise en état et peut orienter vers des techniques de restauration plus coûteuses que les travaux standards.
Fourchettes de prix indicatives pour la remise en état après inondation à Bordeaux
| Situation | Fourchette indicative |
|---|---|
| Pompage et séchage technique cave (50-100 m²) | 800 – 2 500 € |
| Remise en état cave avec remplacement des revêtements | 2 000 – 6 000 € |
| Remise en état appartement T3 (20-30 cm d’eau) | 5 000 – 15 000 € |
| Remise en état appartement avec parquet ancien à remplacer | Majoration 2 000 – 5 000 € |
| Décontamination fongicide et traitement préventif | 500 – 2 000 € |
| Remise en état chai viticole (inondation partielle) | 3 000 – 12 000 € |
Ces fourchettes indicatives reflètent des constatations de marché et ne constituent pas un devis. La complexité des sinistres d’inondation, notamment dans le bâti ancien bordelais, peut conduire à des coûts significativement différents selon la situation réelle.
Le nettoyage après sinistre inondation à Bordeaux requiert une expertise technique spécifique, une connaissance des particularités du bâti local en pierre de taille, et une maîtrise des procédures d’assurance et de Cat Nat. Les professionnels référencés interviennent rapidement pour limiter l’aggravation des dommages et accompagner les sinistrés dans les démarches administratives. Pour être mis en relation avec le prestataire référent de votre département, demandez votre devis gratuit. La demande est sans engagement et la réponse intervient sous 24 heures.




