En cas d’inondation, la priorité absolue est la mise en sécurité des personnes. Ne rentrez jamais dans un logement inondé si les installations électriques sont sous tension. Coupez le courant au tableau général si vous pouvez le faire en sécurité, ou attendez l’intervention des pompiers (18 ou 112).
Après une inondation, chaque heure compte. Des études microbiologiques disponibles montrent que les moisissures commencent à se développer sur les surfaces humides dans un délai de 24 à 48 heures dans des conditions de température ambiante. Une fois les moisissures installées dans les matériaux poreux, l’intervention devient beaucoup plus longue, plus coûteuse et plus risquée sur le plan sanitaire. Ce guide présente les actions prioritaires dans les 48 premières heures et le protocole complet de remise en état après inondation.
Pourquoi les 48 premières heures sont-elles déterminantes ?
L’eau d’une inondation n’est jamais de l’eau propre. Qu’il s’agisse de débordement de cours d’eau, de ruissellement, de refoulement des égouts ou de dégât des eaux en immeuble, l’eau véhicule des charges bactériennes et fongiques importantes. Dès qu’elle imprègne les matériaux poreux, elle crée les conditions idéales pour le développement des moisissures et la dégradation des matériaux.
Le développement des moisissures. Les spores fongiques sont naturellement présentes dans l’air ambiant. En présence d’humidité, de matière organique (bois, plâtre, papier peint) et d’une température ambiante favorable, elles germent et colonisent les matériaux en quelques dizaines d’heures. Les données disponibles en microbiologie de l’habitat indiquent qu’un matériau resté humide plus de 48 à 72 heures est très susceptible de présenter des développements fongiques.
La dégradation des matériaux. L’eau chaude ou chargée en minéraux peut délaminer les revêtements muraux, faire gonfler les boiseries, faire remonter les parquets. Ces dommages s’aggravent avec le temps — agir vite limite les pertes matérielles.
Les risques sanitaires. Les eaux d’inondation, particulièrement les refoulements d’égouts, peuvent contenir des agents pathogènes. Le contact avec ces eaux sans protection (gants, bottes imperméables) expose à des risques d’infection cutanée ou digestive.
Les actions prioritaires dans les premières heures
Sécurisation du logement
Avant d’entrer dans le logement inondé :
- Coupez l’électricité au tableau général si vous pouvez le faire en sécurité (si le tableau est accessible sans traverser l’eau)
- Coupez le gaz si un compteur extérieur est accessible
- Ne remettez pas l’électricité sous tension avant l’intervention d’un électricien qualifié
- Portez des équipements de protection : bottes imperméables montantes, gants épais, si possible un masque filtrant
Pompage et évacuation de l’eau libre
L’eau libre stagnante doit être évacuée le plus rapidement possible. Selon les volumes :
- Pour de faibles volumes (quelques centimètres) : pompes de vidange manuelles, serpillères, raquettes à eau
- Pour des volumes importants : pompes électriques d’assainissement ou interventions des sapeurs-pompiers (en cas d’urgence collective)
Protection des biens récupérables
Dès l’évacuation de l’eau libre, remontez les meubles et objets récupérables dans les zones sèches. Les objets en bois massif qui n’ont pas séjourné dans l’eau trop longtemps peuvent souvent être sauvés avec un séchage rapide et approprié.
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Le protocole professionnel de séchage et décontamination
Phase 1 — Déshumidification intensive
Le séchage professionnel ne consiste pas à ouvrir les fenêtres en espérant que l’air fasse son travail. Les professionnels utilisent des équipements industriels spécifiques :
- Extracteurs d’eau pour les volumes d’eau résiduelle dans les recoins et sous-planchers
- Déshumidificateurs industriels de grande capacité, dimensionnés selon le volume des pièces à traiter
- Ventilateurs directionnels pour accélérer l’évaporation et maintenir la circulation de l’air
La durée du séchage varie selon la nature des matériaux, le volume d’eau absorbé et les conditions extérieures (température, hygrométrie). Un suivi des taux d’humidité résiduelle dans les matériaux est réalisé par des hygromètres de contact ou à infrarouge.
Phase 2 — Évaluation des matériaux
Après séchage, une évaluation précise des matériaux permet de distinguer ce qui peut être conservé de ce qui doit être remplacé.
Matériaux généralement récupérables après séchage rapide :
- Béton et carrelage (si aucune fissure n’est apparue)
- Murs en briques massives
- Bois massif (si séchage avant développement fongique)
Matériaux généralement à remplacer après inondation :
- Plaques de plâtre imprégné (le plâtre ne sèche pas uniformément et reste porteur de risques fongiques)
- Isolants en laine de verre ou laine de roche ayant absorbé l’eau (perte de propriétés et développement fongique quasi systématique)
- Parquet contrecollé ou stratifié (délamination irréversible dans la plupart des cas)
- Moquettes et sous-couches
- Matelas et literie ayant été en contact avec l’eau
Phase 3 — Nettoyage et désinfection
Une fois les matériaux dégradés retirés, les surfaces sont nettoyées et désinfectées. Le traitement des parois, sous-planchers et zones humides avec des biocides appropriés (conformes au règlement BPR (EU) n° 528/2012) permet de limiter le développement résiduel de moisissures et d’éliminer les contaminations bactériennes.
Phase 4 — Traitement des moisissures si déjà présentes
Si des moisissures ont eu le temps de se développer (inondation non traitée rapidement), leur traitement est plus complexe. Selon leur étendue :
- Moisissures superficielles sur surfaces dures : traitement antifongique spécifique et grattage mécanique
- Moisissures dans les matériaux poreux (plâtre, bois) : ces matériaux ne peuvent généralement pas être décontaminés efficacement et doivent être retirés
La présence visible de moisissures noires (potentiellement Stachybotrys chartarum) impose des précautions respiratoires renforcées pour l’équipe intervenante.
Le cadre assurantiel après inondation
La convention IRSI
La Convention IRSI (Indemnisation et Recours des Sinistres Immeuble) organise les relations entre assureurs en cas de sinistre affectant plusieurs occupants d’un même immeuble. Elle simplifie les procédures d’indemnisation pour les dégâts des eaux et certaines inondations.
Sous le seuil de 5 000 € HT de dommages, un seul assureur (celui de la victime) prend en charge les réparations sans recherche de responsabilité. Au-delà, une expertise amiable ou contradictoire est organisée entre assureurs.
La déclaration de sinistre
La déclaration doit être effectuée dans les délais contractuels — généralement 5 jours ouvrés selon l’article L.113-2 du Code des assurances. Cette déclaration déclenche l’expertise d’assurance et la procédure d’indemnisation.
À faire impérativement avant l’expertise :
- Photographier et filmer l’état du logement avant tout nettoyage
- Conserver les objets endommagés pour l’expertise (ou les photographier en détail avant de les évacuer pour raisons sanitaires)
- Ne pas réaliser de travaux définitifs avant le passage de l’expert d’assurance
Les fourchettes de prix pour un nettoyage après inondation
| Type de sinistre | Surface | Fourchette indicative |
|---|---|---|
| Dégât des eaux localisé (une pièce) | < 30 m² | 500 – 1 500 € |
| Inondation partielle (rez-de-chaussée) | 30 – 80 m² | 1 500 – 5 000 € |
| Inondation complète (logement entier) | 80 – 150 m² | 5 000 – 15 000 € |
| Inondation avec moisissures avancées | Variable | Supplément 30-50 % |
Ces fourchettes comprennent le pompage résiduel, le séchage, le nettoyage et la désinfection, mais pas les travaux de reconstruction (remplacement de parquet, replâtrage, peinture) qui constituent un poste additionnel.
Questions fréquentes sur le nettoyage après inondation
Peut-on réhabititer le logement pendant le séchage ? Cela dépend de l’étendue des dommages et de la qualité de l’air. Si les pièces de vie (chambres, séjour) sont peu touchées et que le séchage est en cours dans des zones séparées, une cohabitation prudente peut être envisageable. Dans les cas d’inondation importante, une relocalisation temporaire est souvent nécessaire.
Combien de temps dure le séchage professionnel ? La durée varie selon les volumes, les matériaux et les conditions climatiques. Un séchage après dégât des eaux limité peut être réalisé en 3 à 7 jours. Une inondation importante avec imprégnation des cloisons et des planchers peut nécessiter 2 à 4 semaines de séchage intensif.
L’assurance couvre-t-elle toujours les inondations ? Les contrats multirisques habitation (MRH) couvrent généralement les dégâts des eaux résultant de fuites internes ou de refoulement des canalisations. Les inondations par débordement de cours d’eau relèvent de la garantie catastrophe naturelle, qui nécessite un arrêté de catastrophe naturelle publié au Journal officiel.
Faut-il déclarer un dégât des eaux même mineur ? Oui, même un dégât des eaux apparemment mineur mérite une déclaration. Les dommages invisibles (humidité dans les cloisons, sous-plancher) peuvent se révéler plus importants que ce qui est visible initialement, et un rapport d’expertise assure la traçabilité nécessaire pour toute réclamation ultérieure.
Après une inondation, la rapidité d’intervention est le facteur le plus déterminant pour limiter les dommages et les coûts. Pomper l’eau résiduelle, lancer le séchage professionnel, documenter les dégâts pour l’assurance et faire appel à des professionnels dès les premières 48 heures permet d’éviter le surcoût et les risques sanitaires liés aux moisissures. Pour être mis en relation avec le prestataire référent de votre département, demandez votre devis gratuit. La demande est sans engagement et la réponse intervient sous 24 heures.