Après un incendie, les sinistrés sont confrontés à deux urgences simultanées : mettre en sécurité ce qui peut l’être et démarrer les démarches d’assurance. Ces deux impératifs sont parfois contradictoires — les mesures conservatoires nécessaires peuvent sembler perturber la “scène” que l’expert d’assurance doit constater. Ce guide présente le rôle de l’expert d’assurance dans le processus d’indemnisation après incendie, et comment coordonner les interventions de remise en état avec la procédure d’expertise.
Les premières heures après l’incendie
La sécurisation et les mesures d’urgence
Avant toute intervention de nettoyage, la sécurisation du lieu s’impose. Un bâtiment qui a subi un incendie peut présenter des risques structurels (planchers fragilisés, charpente endommagée, risque d’effondrement), des risques électriques (installations endommagées) et des risques sanitaires (fumées résiduelles, amiante libéré si le bâtiment est antérieur à 1997).
L’accès à un bâtiment sinistré doit être autorisé par les sapeurs-pompiers qui ont effectué l’intervention. Dans les situations graves, une évaluation structurale par un expert bâtiment ou un ingénieur structures peut être nécessaire avant réintégration.
Les mesures conservatoires immédiates autorisées :
- Bâchage de la toiture endommagée pour prévenir les dégâts des eaux
- Pompages des eaux d’extinction si présentes
- Sécurisation des accès (portes et fenêtres endommagées)
- Mise hors tension si l’installation électrique est touchée
Ces mesures conservatoires sont généralement prises en charge par l’assurance et doivent être documentées (photos, devis, factures).
La déclaration de sinistre
La déclaration à votre assureur doit intervenir dans les délais contractuels — généralement 5 jours ouvrés (article L.113-2 du Code des assurances). En cas d’incendie, contactez votre assureur immédiatement par téléphone pour signaler le sinistre et connaître la procédure à suivre.
Informations à préparer pour la déclaration :
- Date et heure de l’incendie
- Origine présumée de l’incendie (si connue)
- Description des dommages (bâtiment et mobilier)
- Existence ou non de dommages sur des tiers (logements voisins, véhicules)
- Coordonnées des autres parties impliquées
Le rôle de l’expert d’assurance
Qui est l’expert d’assurance ?
L’expert d’assurance est mandaté par la compagnie d’assurance pour évaluer les dommages et estimer le coût de la remise en état. Il n’est pas un expert judiciaire neutre — il est rémunéré par la compagnie d’assurance, ce qui peut influencer ses estimations dans certaines situations.
Pour les sinistres importants, le sinistré peut mandater son propre expert (expert d’assuré) pour contrebalancer l’expertise de la compagnie. Cette contre-expertise est à la charge du sinistré mais peut être remboursée si les expertises divergent significativement et que la position de l’assuré est retenue.
Ce que l’expert constate
L’expert d’assurance réalise une visite de constat sur le lieu sinistré. Il évalue :
Les dommages matériels au bâtiment :
- Structure (toiture, murs porteurs, planchers)
- Finitions intérieures (plâtres, menuiseries, revêtements de sol)
- Installations (électricité, plomberie, chauffage)
Les dommages aux biens mobiliers :
- Mobilier, électroménager, équipements
- Vêtements, effets personnels
- Matériels spécifiques (véhicules dans un garage sinistré, équipements professionnels)
L’origine du sinistre : L’expert peut être chargé d’identifier l’origine du feu — information importante pour déterminer si la responsabilité d’un tiers est engagée (voisin, artisan ayant effectué des travaux récents).
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Ce qu’il ne faut pas faire avant l’expertise
Ne pas réaliser de travaux de remise en état définitifs avant le passage de l’expert. L’expert doit pouvoir constater les dommages dans leur état initial. Si des travaux d’urgence ont été réalisés (bâchage, pompage), ils doivent être documentés mais ne doivent pas masquer les dommages sous-jacents.
Ne pas jeter les biens endommagés (mobilier, appareils) avant que l’expert les ait constatés. Si l’urgence sanitaire ou sécuritaire impose l’évacuation de certains biens, documentez-les soigneusement avec des photos et conservez-les si possible jusqu’à l’expertise.
Conserver tous les justificatifs de valeur des biens endommagés : factures d’achat, photographies d’avant-sinistre, relevés bancaires de paiement. Ces documents permettent de justifier la valeur des biens auprès de l’expert.
L’indemnisation après incendie
Les bases d’indemnisation
L’indemnisation dépend des conditions de votre contrat d’assurance. Les contrats multirisques habitation indemnisent généralement :
La valeur à neuf ou la valeur de remplacement avec vétusté. Certains contrats (valeur à neuf) remboursent le coût de remplacement par un bien neuf équivalent. D’autres appliquent un coefficient de vétusté qui réduit l’indemnisation en fonction de l’âge des biens.
Les frais de relogement. Si le logement est inocupable après l’incendie, les frais d’hébergement temporaire sont généralement pris en charge dans les contrats MRH (dans les limites contractuelles).
Les frais de remise en état. Le coût de nettoyage, Désinfection professionnelle">décontamination et remise en état du logement est pris en charge dans le cadre du sinistre.
L’accord sur le devis de remise en état
Avant de mandater un prestataire de nettoyage et de remise en état, obtenez l’accord de votre assureur sur le devis. La plupart des assureurs acceptent les prestataires choisis librement par l’assuré, à condition qu’ils soient qualifiés. Certains proposent leurs propres prestataires conventionnés — vous n’êtes généralement pas obligé de les accepter, mais vérifiez les conditions de votre contrat.
Le nettoyage après incendie : ce que comprend une intervention spécialisée
La décontamination des suies
Les suies d’incendie ne sont pas de la simple saleté. Elles contiennent des composés chimiques (HAP, dioxines, métaux lourds selon la nature des matériaux brûlés) qui peuvent être nocifs en cas d’exposition prolongée. La décontamination des suies nécessite des produits spécifiques et des équipements de protection adaptés.
L’élimination des odeurs de fumée
Les odeurs de fumée s’imprègnent profondément dans les matériaux poreux et persistent longtemps après l’incendie. Les techniques professionnelles incluent l’ozonation et la nébulisation de neutralisants d’odeurs pour traiter les matériaux en profondeur.
Le séchage après extinction
Les eaux d’extinction des pompiers créent des dégâts des eaux supplémentaires. L’asséchement technique (déshumidificateurs, séchoirs à air chaud) est nécessaire pour prévenir le développement de moisissures dans les matériaux humidifiés.
L’évaluation des matériaux à conserver ou remplacer
Un prestataire expérimenté peut évaluer, parmi les matériaux et objets endommagés, lesquels peuvent être décontaminés et conservés, et lesquels doivent être remplacés. Cette évaluation contribue à l’estimation de la remise en état globale.
Fourchettes de prix pour la remise en état après incendie
| Type de sinistre | Fourchette indicative |
|---|---|
| Incendie localisé (pièce unique, dommages limités) | 2 000 – 6 000 € |
| Incendie généralisé (appartement T3/T4) | 8 000 – 25 000 € |
| Incendie grave avec dommages structuraux | 20 000 – 80 000 € et plus |
| Nettoyage suies + désodorisation seuls | 1 500 – 5 000 € |
Ces fourchettes sont des ordres de grandeur. L’estimation précise dépend de l’étendue des dommages et est établie lors de l’expertise.
Questions fréquentes sur le sinistre incendie
Peut-on rester dans un logement qui a subi un incendie partiel ? Cela dépend de la nature et de l’étendue des dommages. Si l’incendie était localisé et que les zones non touchées sont structurellement saines et ne présentent pas de risques sanitaires (suies, amiante), la réoccupation partielle est parfois possible. L’avis des pompiers et d’un expert bâtiment est recommandé avant toute réoccupation.
L’assurance paie-t-elle si je suis locataire et que l’incendie vient de chez moi ? Oui, votre assurance responsabilité civile locataire (incluse dans votre MRH locataire) couvre les dommages causés à l’immeuble si l’incendie vient de votre logement. Votre assurance couvre également vos biens personnels si vous avez souscrit une garantie effets personnels.
Que faire si mon assureur conteste l’origine de l’incendie ? Si votre assureur conteste l’origine du sinistre (suspicion de fraude, clause d’exclusion invoquée), vous pouvez contester l’expertise et mandater un expert d’assuré. En dernier recours, le médiateur de l’assurance peut intervenir, et le recours judiciaire reste possible.
La remise en état d’un logement après incendie est un processus qui mêle urgences pratiques, démarches assurantielles et travaux spécialisés. Coordonner les interventions conservatoires avec la procédure d’expertise, choisir un prestataire qualifié pour le nettoyage et la décontamination, et documenter soigneusement tous les dommages sont les clés d’une remise en état efficace et bien indemnisée. Pour être mis en relation avec le prestataire référent de votre département, demandez votre devis gratuit. La demande est sans engagement et la réponse intervient sous 24 heures.