Le moustique tigre (Aedes albopictus) est désormais présent dans une grande partie de la France métropolitaine. Selon les données de surveillance publiées par le ministère de la Santé et Santé Publique France, le nombre de départements colonisés augmente chaque année depuis l’établissement des premières colonies dans les années 2000. Comprendre la biologie de cet insecte, les gîtes larvaires à éliminer et les situations qui nécessitent une intervention professionnelle permet d’agir efficacement.
Le moustique tigre en France : état de la situation
Une espèce invasive établie
Le moustique tigre est originaire d’Asie du Sud-Est. Il est arrivé en Europe dans les années 1970-1980, probablement via le commerce de pneus usagés (qui constituent des gîtes larvaires idéaux). En France, les premières colonies ont été observées dans les Alpes-Maritimes au début des années 2000.
Depuis, la progression est continue. La carte de présence du moustique tigre, mise à jour chaque année par Santé Publique France sur le site signalement-moustique.anses.fr, montre une implantation progressive vers le Nord et l’Ouest du territoire métropolitain.
Caractéristiques distinctives. Le moustique tigre est plus petit que le moustique commun, avec des rayures blanches et noires caractéristiques sur le corps et les pattes. Il pique principalement en journée et à la tombée de la nuit (contrairement au moustique commun qui pique plutôt la nuit).
Les risques sanitaires
Le moustique tigre est vecteur de plusieurs maladies virales : dengue, chikungunya, Zika. La transmission de ces maladies requiert qu’un moustique pique d’abord une personne infectée (voyageur de retour d’une zone endémique), puis pique une personne saine.
Selon les données de Santé Publique France, des cas de transmission locale (autochtone) de dengue et de chikungunya ont été documentés en France métropolitaine dans les zones où le moustique tigre est implanté. Le risque reste actuellement limité en France métropolitaine par rapport aux zones d’endémie tropicale, mais il est réel et fait l’objet d’une surveillance active.
La lutte contre le moustique tigre : priorité aux gîtes larvaires
La caractéristique principale du moustique tigre qui le rend à la fois problématique et accessible à la prévention individuelle est son mode de reproduction. Le moustique tigre pond ses œufs dans de très petites quantités d’eau stagnante — quelques centilitres suffisent. Un bouchon de bouteille rempli d’eau de pluie peut être un gîte larvaire.
La suppression des gîtes larvaires est la méthode de lutte la plus efficace et la plus accessible à tous. Elle est recommandée par l’ensemble des autorités sanitaires (Santé Publique France, ARS, communes).
Les gîtes larvaires à éliminer chez les particuliers
Dans le jardin :
- Soucoupes de pots de fleurs (vider toutes les semaines)
- Arrosoirs, brouettes, bâches laissant des flaques
- Tonneaux de récupération d’eau de pluie (couvrir avec un filet moustiquaire ou un couvercle hermétique)
- Pneus usagés stockés en extérieur (gîte classique — trouer le fond pour écouler l’eau)
- Jouets d’extérieur pouvant retenir l’eau
- Gouttières obstruées (eau stagnante)
- Fontaines décoratives ou bassins sans circulation d’eau
- Déchets de chantier (seaux, bacs, tuyaux)
Dans les espaces communs : En copropriété, les jardins communs, espaces de stationnement et toitures-terrasses peuvent abriter de nombreux gîtes larvaires. L’action collective est plus efficace que les mesures individuelles seules.
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Quand faire appel à un professionnel de lutte anti-vectorielle
Les situations qui nécessitent une intervention professionnelle
La lutte individuelle contre les gîtes larvaires est efficace au niveau d’un logement, mais ne suffit pas dans certaines situations.
Espaces collectifs importants. Les copropriétés avec espaces verts, les résidences avec plans d’eau, les campings, les établissements recevant du public avec espaces extérieurs nécessitent une approche coordonnée et professionnelle.
Prolifération importante malgré les mesures préventives. Si malgré l’élimination de tous les gîtes larvaires visibles, la présence de moustiques tigres reste importante, des gîtes non identifiés existent probablement (canalisations bouchées, espaces difficiles d’accès).
Espaces verts proches de zones de cas de dengue ou chikungunya. Dans certaines situations (cas de dengue signalé dans le voisinage, pendant la période de surveillance renforcée), les autorités sanitaires peuvent recommander ou coordonner une intervention professionnelle préventive.
Ce que fait un professionnel de lutte anti-vectorielle
Un prestataire professionnel en lutte anti-vectorielle réalise :
- Un diagnostic des gîtes larvaires sur l’ensemble de l’espace à traiter
- Un traitement des gîtes non supprimables (plans d’eau ornementaux, bassins) par larvicides biologiques autorisés
- Un traitement adulticidepar pulvérisation ou nébulisation si nécessaire
- Des recommandations d’aménagement pour limiter la présence de gîtes futurs
Les produits utilisés pour la lutte anti-vectorielle professionnelle sont soumis au règlement BPR n° 528/2012 et doivent être appliqués par des opérateurs formés à cette activité spécifique.
Les mesures de protection individuelle
En complément de la lutte contre les gîtes larvaires, des mesures individuelles réduisent le risque de piqûres.
Répulsifs cutanés. Les répulsifs à base de DEET, d’IR3535 ou d’icaridine sont efficaces contre le moustique tigre. Ils doivent être appliqués selon les instructions du fabricant et ne sont pas recommandés pour les nourrissons sans avis médical.
Vêtements. Des vêtements à manches longues et pantalons couvrent les zones les plus piquées (chevilles, bras) pendant les périodes d’activité du moustique tigre.
Moustiquaires. Aux fenêtres et portes ouvertes, les moustiquaires empêchent l’entrée des moustiques dans le logement.
Signalement et surveillance
Le dispositif national de surveillance du moustique tigre invite les citoyens à signaler les observations de moustiques tigres sur le site signalement-moustique.anses.fr. Ces signalements contribuent à la cartographie des zones colonisées et permettent aux autorités sanitaires d’orienter les actions de lutte.
Signaler n’est pas obligatoire mais contribue à l’effort collectif de surveillance sanitaire.
Questions fréquentes sur le moustique tigre
Le moustique tigre est-il présent dans mon département ? La carte de présence actualisée est disponible sur signalement-moustique.anses.fr. Elle est mise à jour régulièrement par Santé Publique France.
Les produits anti-moustiques du commerce sont-ils efficaces contre le moustique tigre ? Les répulsifs cutanés homologués sont efficaces. Les spirales, diffuseurs électriques et autres dispositifs sont moins efficaces car le moustique tigre pique principalement en extérieur, en journée.
Dois-je informer les autorités si je trouve beaucoup de moustiques tigres chez moi ? Il n’y a pas d’obligation de signalement pour les particuliers. Cependant, le signalement sur signalement-moustique.anses.fr est utile pour la surveillance nationale. En cas de cas de dengue ou chikungunya dans votre entourage, contactez l’ARS de votre région.
Les communes traitent-elles les espaces publics contre le moustique tigre ? Certaines communes et intercommunalités dans les zones fortement colonisées réalisent des traitements larvicides ou adulticides dans les espaces publics. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre communauté de communes.
La lutte contre le moustique tigre est d’abord une affaire de suppression des gîtes larvaires — accessible à tous et particulièrement efficace. Les situations nécessitant une intervention professionnelle concernent les espaces collectifs, les plans d’eau non suppressibles et les situations de prolifération malgré les mesures préventives. Pour être mis en relation avec le prestataire référent de votre département, demandez votre devis gratuit. La demande est sans engagement et la réponse intervient sous 24 heures.