Le radon est un gaz radioactif naturel issu de la désintégration de l’uranium présent dans les roches granitiques et volcaniques du sous-sol. Inodore, incolore et inerte chimiquement, il est impossible à détecter sans instruments de mesure. L’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) classe le radon comme le deuxième facteur de risque de cancer du poumon en France, après le tabac, selon son bilan 2022 sur l’exposition aux rayonnements ionisants. Ce guide présente ce que les habitants doivent savoir sur le radon dans les logements.
Qu’est-ce que le radon et pourquoi est-il dangereux ?
La formation du radon
Le radon (Rn-222) est un gaz radioactif produit par la désintégration naturelle du radium, lui-même issu de l’uranium présent dans les roches et les sols. Il est présent en concentrations très variables selon la géologie locale.
En plein air, le radon se dilue immédiatement et ses concentrations restent très faibles. Le problème survient lorsqu’il s’accumule dans des espaces confinés — sous-sols, caves, vide-sanitaires, rez-de-chaussée — en remontant par les interstices du sol, les fissures dans les fondations, les passages de tuyaux.
Le mécanisme de toxicité
Le radon lui-même n’est pas directement dangereux par inhalation. Le danger vient de ses produits de désintégration (polonium-218, polonium-214 notamment), qui sont des émetteurs de particules alpha. Ces particules, lorsqu’elles sont inhalées et déposées dans les voies respiratoires, peuvent endommager l’ADN des cellules pulmonaires et augmenter le risque de cancer du poumon.
Selon l’IRSN, le radon serait responsable de plusieurs milliers de décès par cancer du poumon chaque année en France, avec une incertitude sur l’estimation exacte. Le risque est significativement plus élevé chez les fumeurs exposés au radon que chez les non-fumeurs exposés aux mêmes concentrations.
Les niveaux de référence réglementaires
La réglementation française (arrêté du 22 juillet 2019 transposant la directive Euratom 2013/59) fixe un niveau de référence de 300 Bq/m³ (becquerels par mètre cube) pour les logements. Au-dessus de ce seuil, des actions correctives sont recommandées.
Pour les établissements recevant du public (ERP) dans les zones à risque, la réglementation est plus contraignante avec des obligations de mesure et de réduction documentées.
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Les zones à risque en France
La géologie comme facteur déterminant
Les concentrations de radon dans les logements dépendent directement de la géologie locale. Les roches granitiques et volcaniques (riches en uranium) libèrent davantage de radon que les terrains sédimentaires.
Les zones avec potentiel radon élevé en France :
- Le Massif Central (Auvergne, Limousin, Ardèche, Lozère)
- La Bretagne (socle granitique)
- Le Massif Armoricain
- Les Vosges
- La Corse (parties granitiques)
- Le Massif des Maures et l’Estérel (Provence)
Les zones à plus faible potentiel :
- Bassin Parisien (terrains sédimentaires calcaires)
- Bassin d’Aquitaine
- Plaines alluviales
L’IRSN a établi une cartographie du potentiel radon par commune, accessible via son site internet (irsn.fr). Cette cartographie classe les communes en trois catégories de potentiel (1, 2, 3) selon la géologie.
La variabilité intra-logement
À géologie identique, les concentrations de radon varient considérablement d’un logement à l’autre selon :
- Le type de fondations (dalle béton versus vide sanitaire)
- L’état des fissures et des joints
- Le niveau de ventilation (VMC, ouverture des fenêtres)
- L’étage (les concentrations diminuent avec la hauteur)
- La saison (concentrations généralement plus élevées en hiver, logements plus fermés)
La seule façon de connaître la concentration réelle dans un logement est de mesurer.
Comment mesurer le radon dans son logement
Les dosimètres passifs
La méthode de mesure recommandée pour les logements est le dosimètre passif (alphaTRACK). Ce petit dispositif contient un film sensible aux particules alpha. Il est positionné dans le logement pendant 2 à 12 mois (3 mois minimum recommandés) pour obtenir une mesure représentative.
Après la période de mesure, le dosimètre est envoyé à un laboratoire accrédité qui analyse le film et communique la concentration moyenne mesurée en Bq/m³.
Coût : Les dosimètres passifs sont disponibles auprès de laboratoires accrédités pour un coût de l’ordre de 25 à 60 € par dosimètre, incluant l’analyse.
Placement. La mesure doit être réalisée dans les pièces de vie (chambre, salon) aux niveaux les plus bas du logement (rez-de-chaussée, sous-sol si habité). Deux dosimètres minimum sont recommandés pour les logements de plusieurs niveaux.
Les mesures rapides (appareils électroniques)
Des appareils de mesure en continu permettent une lecture quasi-instantanée des concentrations, mais sont moins représentatifs que les dosimètres passifs sur la durée. Ils sont utilisés par les professionnels pour des diagnostics rapides.
Les solutions pour réduire le radon
La ventilation : première solution
La ventilation est la mesure corrective la plus efficace et la moins coûteuse pour réduire les concentrations de radon. Elle dilue le radon entrant avec de l’air extérieur moins chargé.
La ventilation naturelle. L’ouverture régulière des fenêtres, notamment dans les pièces basses, réduit les concentrations. Cette mesure est insuffisante seule dans les cas de concentrations élevées, mais est toujours bénéfique.
La VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée). Un système de VMC bien dimensionné et entretenu (nettoyage des filtres, vérification des débits) assure un renouvellement d’air continu. Un système défaillant ou sous-dimensionné est une source fréquente de concentrations élevées.
Le sous-tirage actif. Pour les cas de concentrations importantes, un système de sous-tirage place le sol et le vide sanitaire en dépression par rapport au logement, empêchant le radon de remonter. Cette technique nécessite l’intervention d’un professionnel.
L’étanchéité des points d’entrée
Le colmatage des fissures dans les dalles, des passages de tuyaux et des jonctions murs/dalles réduit les voies d’entrée du radon. Cette mesure complémentaire à la ventilation peut significativement réduire les concentrations.
L’isolement du vide sanitaire
Dans les maisons sur vide sanitaire, l’isolation du plancher entre le vide sanitaire et le logement (polyane, isolation thermique) réduit l’entrée du radon. La ventilation du vide sanitaire lui-même (grilles de ventilation non obstruées) est également importante.
Les obligations réglementaires
Pour les logements. Il n’existe pas d’obligation légale de mesure pour les propriétaires de logements particuliers. La mesure est une démarche volontaire. En revanche, les vendeurs doivent mentionner le potentiel radon de la commune (issu de la cartographie officielle) dans les diagnostics immobiliers annexés à la promesse de vente.
Pour les ERP dans les zones à risque. Les établissements recevant du public situés dans les communes de catégorie 3 (potentiel radon élevé) ont des obligations de mesure et, si les concentrations dépassent les seuils, des obligations de réduction documentées.
Questions fréquentes sur le radon
Faut-il mesurer le radon si on habite en appartement au 5e étage ? Le risque est statistiquement plus faible aux étages élevés car le radon se dilue entre le sous-sol et les niveaux supérieurs. Les appartements en rez-de-chaussée ou au sous-sol dans les zones à potentiel élevé sont les plus concernés. Une mesure est utile si la commune est en zone 3 selon la cartographie IRSN, quel que soit l’étage.
Le radon est-il détectable sans matériel de mesure ? Non. Le radon est inodore, incolore et sans effet immédiat perceptible. La seule détection possible est instrumentale. C’est pourquoi les zones à potentiel élevé nécessitent des campagnes de sensibilisation : les habitants ne peuvent pas savoir si leur logement est exposé sans mesurer.
Un logement avec un taux de radon élevé est-il vendable ? Oui. La présence de radon dans un logement n’est pas un vice rédhibitoire en soi, à condition que l’information soit correctement communiquée à l’acheteur (via les diagnostics immobiliers). Des mesures correctives peuvent réduire les concentrations avant la vente.
Le radon est un risque sanitaire réel mais méconnu dans les logements, particulièrement dans les zones à géologie granitique. Simple à mesurer avec un dosimètre passif et largement réductible par des mesures de ventilation adaptées, il mérite l’attention des habitants des zones à potentiel élevé. Pour toute question sur la qualité de l’air intérieur de votre logement ou sur les interventions associées (nettoyage de vide sanitaire, traitement des sous-sols), demandez votre devis gratuit auprès du prestataire référent de votre département. La réponse intervient sous 24 heures.